Sillon

Des vinyles pressés à la main, 300 par tirage. Ici, le scroll fait tourner le disque.

Tout part d'une laque.

Un graveur taille la musique dans un disque d'aluminium verni. Une seule prise, aucune retouche possible.

Chauffé, écrasé, refroidi.

La matrice écrase une galette de vinyle ramollie. Une demi-minute plus tard, le disque existe.

Une face, un seul sillon.

La spirale court sur des centaines de mètres sans jamais se couper. Tout l'album tient dans ce trait.

Pose le bras.

Le moteur démarre. Remonte, redescends, attrape le disque à la souris : avec le son, tu scratches pour de vrai.

Quatre disques, pas un de plus.

Chaque tirage part en quelques semaines. On ne represse jamais.

L'atelier : une presse à disques en fonte noire avec un vinyle sur son plateau, une caisse d'étiquettes orange et bleues, des pochettes blanches sur un établi, et un ouvrier en tablier vu de dos devant un mur de briques.

Le samedi, la presse tourne devant vous.

L'atelier ouvre de 11 h à 18 h. Vous repartez avec un disque encore tiède, et le bruit de la presse dans les oreilles.

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